APERÇU SUR LA BASTIDE DE PLAISANCE             (télécharger)


Plaisance est une des nombreuses bastides fondées en Gascogne de 1250 à 1350. Ces villes
nouvelles ont fait l'objet de nombreuses études. Si elles présentent toutes des caractères communs, il
n'en reste pas moins vrai que leur site, la date de leur fondation, la forme du peuplement (création «
ex-nihilo » ou revalorisation d'un domaine seigneurial par la construction d'une bastide près d'un
village plus ancien) ont fortement marqué et leur plan et leur importance.
Créée en 1322, en paréage par Jean 1er comte d'Armagnac et l'abbé de la Case-Dieu, Plaisance offre
un certain nombre de particularités qui la singularisent du groupe des bastides et que nous nous
proposons de dégager.
A. - LA MÉTHODE
L'indigence de la documentation du Moyen-âge et la quasi absence de vestiges du passé médiéval
dans la ville actuelle rendent difficile toute description de la bastide au Moyen-âge. Un document de la
première moitié du XVe siècle nous permet cependant, de circonscrire, à grands traits, le Plaisance
médiéval avec son enceinte, ses faubourgs, ses édifices religieux, sa place à " garlande ", sa maison
commune.
La ville d'Ancien régime peut être, par contre aisément reconstituée à partir de deux terriers : l'un de
1725, l'autre de 1760 et du " Livre des Charges et Décharges " de la communauté du dernier tiers du
XVIIIe siècle. Ajoutons à ces documents cadastraux quelques pièces d'archives des XVII' et XVIIIe
siècles citant, ici, un quartier, là, une porte ou encore un nom de rue et qui complètent notre
connaissance de la bastide avant 1789.
On retrouve dans le document médiéval un grand nombre de noms cités dans les pièces d'archives
des XVIIe et XVIIV' siècles. Il semble donc que, dès la première moitié du XV' siècle, la ville et ses
faubourgs aient été en place et que cet ensemble se soit maintenu sans grandes modifications
pendant tout l'Ancien régime.
Le Cadastre de 1826 nous restitue le plan de la ville avant les grandes transformations de la cité sous
la " Monarchie de Juillet ". Aussi nous permet-il d'établir quelques points de repère.
A la différence de la ville actuelle au plan en étoile, Plaisance sous la Restauration est une ville qui
s'étire du Nord au Sud, le long de l'Arros et de la route de Tasque à Ladevèze. L'enceinte a disparu,
cependant subsistent les dénominations " d'en ville " et de " faubourg ". La ville est formée par dix îlots
de maisons au centre desquels se trouve la place à arcades. Au Nord s'étend le " faubourg des
Péjous " ou " quartier d'en bas ". Peu peuplé, il se différencie du vaste " faubourg Sainte-Quitterie " qui
prend naissance à la jonction de la " rue du Pont " et de la " rue Sainte Quitterie " pour rejoindre au
Sud le " quartier de Rapine ".L'emplacement du futur " quartier de la Grande-Rue " et de l'église
est occupé par des jardins et prairies appelés " à Mounat ". Sur la rive droite de la rivière, le long de "
l'allée des Ormeaux " s'alignent quelques maisons.
En ville, sur la « place du Pont » on a, en 1817, aménagé une halle dans l'édifice de l'ancienne
chapelle Saint-Nicolas.
B. - PLAISANCE AU XVIII' SIÈCLE
1. - LA VILLE
On appelle ville l'ensemble des édifices, rues et places qui se trouvent à l'intérieur de l'enceinte.
La bastide a été construite près d'un gué, sur la rive concave de l'Arros. Ce site présentait un double
avantage : la ville échappait aux inondations, tandis que la rivière devenait à l'Est un large fossé.
Dès le début du XVIIP siècle, une grande partie des remparts a été détruite. Les maisons des îlots
ériphériques confrontent directement avec l'Arros ou le fossé. Ce dernier enserrait la ville dans un
demi-cercle et plongeait ses extrémités dans l'Arros. Prenant naissance au pied de la chapelle Saint-
Nicolas, il occupait l'actuelle « rue du Pont » puis, face à l'atelier Ducastaing, il bifurquait vers l'Ouest
pour traverser les jardins des maisons Bonnafont et Laurent. Au niveau de la tour, il se dirigeait vers le
Nord et suivait le tracé des actuelles « rues des Pyrénées et Armagnac » jusqu'à la grange L'officier.
Là, il empruntait « l'impasse du Fossat » et regagnait l'Arros.
Trois portes, une tour d'angle constituent en 1765 les seuls vestiges importants d'un système défensif
fort délabré. Quelques noms de rues ou de maisons évoquent les éléments de l'enceinte primitive.
Plaisance est sous l'Ancien régime une bastide à trois portes. Le « portal debat » s'élevait dans
l'actuelle « rue de la Porte » (ancienne « rue du portal'debat ») entre la grange Jourdan et la maison